Elisabeth Querbes

 

PIECES A FLEURS

Autres titres possibles :
- JARDINS SUSPENDUS
- CAMPING SAUVAGE
- BIVOUAC


J’ai repris, à Flers, mon travail où je l’avais laissé. J’avais apporté avec moi planches à roulettes,
bagages, objets divers, branches, tissus, fleurs séchées et artificielles, photographies…
J’ai d’abord produit assez librement, sans souci d’unité formelle : « brain storming ».
Très vite s’est fait sentir la nécessité de relier certains éléments entre eux, par la couleur notamment.
Après quelques expériences multicolores, après les bouquets au creux de tabliers, après les ballots de
tissus fleuris, s’est imposé un certain dépouillement : retour au calme du bleu.
Ne subsistent que de rares fleurs.
Sont apparues des formes évoquant à la fois tentes, drapeaux, parasols enroulés, voiles carguées…
Emballer, draper, nouer, coudre, c’est sculpter.
Puis, un grand assemblage de tissus bleu, avec fleurs et figurines, au sol, une Pièce d’eau évoquant
les Nymphéas de Monet. Un skateboard arqué pour ponton.
Cette pièce se présente déployée ou enroulée comme un tapis, un coupon, autour d’un axe de bois.
Cette réalisation de grandes dimensions (4,60 m x 1, 50m) est partiellement issue d’une série de tongs
trouvées et transformées en étangs fleuris miniatures où s’ébattent des grenouilles de plastique…
Par ailleurs, Marianne Béout, une styliste rennaise, m’avait donné, il y a quelques années, un lot de
coupons, dont ce coupon en maille de nylon, effet batik bleu et blanc, très aquatique. J’avais depuis,
le projet de le transformer en étang.
Le jeu de mots Flers/fleurs était tentant. Flers, son château, sa pièce d’eau.
A travers cet ensemble, je propose de renouer avec notre part de nature. « Back to the roots ».
Peut-être aussi, de ré-enchanter le réel.
Un rapide tour du monde : de l’esthétique « kitsch », on glisse à l’esthétique japonaise de l’ikebana, en
passant par l’Afrique et l’Europe centrale (les baluchons, les objets récupérés, détournés…).
Le baluchon est le bagage du voyageur qui ne peut emporter que le strict nécessaire dans son périple.
Ce qui est indispensable à sa survie ou ce à quoi il est fortement attaché…
J’ai précédemment abordé le thème du parcours à travers les études de chaussures trouvées et les
skateboards.
Porter en soi un paysage.
Fleurir/ faner.
Ces pièces évoquent la précarité et soulignent l’aspect éphémère de la vie.

Elisabeth QUERBES, 2010