Agnès Moncorgé
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« Il paraît que nous sommes en expansion »
Entre matérialité et pensée, AM reconstitue patiemment
le fil qui sépare ces deux
fondements. Le lien à établir est celui entre l'état de
connaissance, de raison scientifique
démontrée et l'état plastique des choses, leur appréhension
esthétique directe, sans
artifices.
Son travail joue entre l'expérimentation de la matière, en l'occurrence
pour les
«
Transitives », la goutte d'eau, son encrage léger, son effet « Lotus »,
effet de la perle
d'eau sur un support hydrophobe, et un voyage mental provoqué par l'évocation
de la
finitude de notre univers et l'infini de son expansion.
Le contenu des trousses des élèves du collège Charles
Léandre a été le prétexte à
l'expérience de cette expansion.
Une pratique artistique s'est aussi développée à partir
de l'échange établi avec chaque
enfant à la recherche de l'outil le représentant, la prise de
vue de cet objet, et le regard
des élèves sur ces objets de labeur sortis des trousses, prêts à se
disperser, à s'atomiser.
L'acte répétitif favorise l'immobilité. Si l'immobilité de
la répétition semble s'opposer au
mouvement de l'expansion, l'acception de Bachelard dans La poétique
de l'espace nous
convainc : « l'immensité est le mouvement de l'homme immobile »
Ainsi la dilatation s'est développée impalpable et suspendue.
Un déploiement maîtrisé et
incontrôlable à la fois. Entre matérialité et pensée.
A.M.