Benjamin Dufour
Page en construction.


Dialogue par mail entre le 19 septembre et le 14 novembre 2011.
Benjamin Dufour : Yo Nico, j’ai besoin d’un texte pour le catalogue
de l’expo à Flers et comme il faudrait mentionner Freescope, je
me suis dit que l’idéal serait un dialogue tous les 2. T’es
partant ?
Nicolas Robilliart : Ça me va, mais je suis actuellement en interim à l’usine,
mes réponses ne seront pas en temps réel. C’est parti :
c’est quoi pour toi Freescope ?
BD : Ben, c’est un spectacle. On détourne le VJ-ing, le cinéma
(et même le jeu-vidéo) et comme on est tous deux musiciens à la
base, on joue en live.
NR : Là, tu vulgarises beaucoup la chose. Moi ce qui ma toujours intéressé dans
ce dispositif de projection vidéo, c’est qu’il nous force à envisager
une écriture scénaristique en 2 temps : produire un panel de
scénarii et jouer ces séquences en live en essayant de retrouver
un possible récit.
BD : Bien sûr, l’écriture et le live, Freescope fonctionne
comme un spectacle de marionnettes mais il convoque un dispositif vidéo
et son à la place des marionnettes. Lorsqu’on prépare nos
séquences, c’est comme si on habillait les personnages, on leur
donne un caractère... Ensuite, nous sur scène, les personnages
sur l’écran, on joue un numéro.
NR : Lors du concert à Flers, nous avions une maîtrise partielle
du dispositif que nous compensions par un dialogue avec le public, comme des
animateurs redressant la situation et évitant les «bides».
Considères-tu cette confrontation périlleuse avec la technologie
comme partie intégrante du spectacle et comment l’envisages-tu
par la suite ?
BD : Notre «maitrîse partielle» est évidente et nous
sommes capables de l’assumer pleinement. En revanche je ne pense pas
que le spectacle se base là-dessus. Le potentiel de Freescope est énorme,
mais je crois que nous sommes encore au début des expérimentations
et j’aimerais que notre jeu de scène s’intègre mieux
au dispositif. Il ne s’agirait pas de commenter notre «prestation» comme
on le fait, mais jusqu’à présent le contenu et la narration
se produisent sur l’écran et je souhaite que nous l’amenions
physiquement sur la scène et dans la salle (cela pourrait être
un dialogue entre un personnage vidéo et l’un de nous deux ou
d’autres interactions...).
NR : Dans chaque scène est développé un jeu particulier
permis par le dispositif. Penses-tu continuer dans cette voie d’expérimentation
et comment rendre compte en live de ces recherches ?
BD : Les différentes scènes que nous avons tournées et
jouées pour l’instant servaient surtout de tests, tests de trucages,
tests de dialogues, tests de jeux, etc. Certaines de ces scènes ne m’intéressent
plus et je ne prends plus de plaisir à les jouer. On a plusieurs options
possibles aujourd’hui ; soit on construit un nouveau set constitué de
différentes saynètes indépendantes, un peu à la
manière d’une playlist, soit on pense un fil conducteur, un scénario
qui nous permette toutefois d’aller dans plusieurs directions. Je pense
que l’aspect «rendre compte en live des recherches» est à abandonner
pour continuer et penser un vrai spectacle.
NR : Quelles sont les scènes les plus intéressantes à ton
avis et comment comptes-tu les développer?
BD : Le naturel revient au galop, je crois que là où on est bon,
c’est dans la musique et les dialogues et à la limite dans la
danse (mais là, ça m’intéresse parce qu’on
est plutôt nuls en l’occurence). Dans un premier temps, et surtout
parce qu’on bosse à distance pour l’instant, je souhaite
construire un dispositif instrumental qui puisse fonctionner à deux
ou tout seul et qui puisse se greffer à d’autres spectacles. Je
pense que Freescope peut accompagner un groupe de musique sans problème.
Ensuite, j’envisage de scénariser tout un spectacle narratif comme
on écrit pour le cinoche par exemple et de tourner des scènes évolutives.