Clément Laigle
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Depuis 2002, Clément Laigle conçoit une œuvre sculpturale minimaliste englobant l'espace qui la réceptionne. Dans une dynamique dialogique, l'œuvre est pensée comme un élément architectural, et l'architecture du lieu comme une composante de l'œuvre à part entière. Celle-ci préexiste généralement au lieu sous la forme de projet, avant d'être réalisée "in situ". Il s'agit alors pour l'artiste d'aller à la rencontre d'un lieu, et à son encontre, de mêler synergie et confrontation. Mettre l'architecture au pied du mur, faire reposer l'œuvre sur, contre elle et créer des points de contact. Suggérer des chemins de traverse, des passages, des entrées et frontières autres que ceux prédéfinis. Engendrer de nouvelles orientations, de nouvelles circulations, et a fortiori, de nouveaux points de vue. Certaines installations de Clément Laigle se révèlent remarquables de discrétion… Elles se fondent dans l'espace, jusqu'à se dérober à la perception du visiteur, et s'en faire oublier. Dans un bâtiment comprenant plusieurs pièces mitoyennes (Courant d'air, 2002), tous les systèmes de fermeture des portes et des fenêtres sont modifiés de sorte qu'aucune d'entre elles ne puisse se refermer complètement. Dans leur entrebâillement, des rais de lumière s'immiscent. Elles claquent au gré du vent et des allées et venues. Au vide, à l'absence, vient alors s'opposer la présence d'une matière virtuelle, invisible et intouchable, qui, dans une transparence fantomatique, emplit l'espace et habite les lieux… Dans l'installation Corridor (2003), la lumière artificielle émanant de tubes néons se mesure à la lumière du jour pénétrant dans l'espace: en fonction de l'intensité de la lumière naturelle, elles prennent successivement l'avantage l'une sur l'autre, procédant par recouvrement mutuel. Totalement en retrait, absent lui aussi, l'artiste rend autonome la matière en la laissant faire son œuvre et réagir aux aléas des éléments extérieurs - le vent, les courants d'air, la lumière du jour, … -, intrinsèquement liés au dispositif qu'il met en place. Jouant sur l'apparition/disparition, notamment à travers tout un théâtre d'ombres éphémère, l'œuvre s'inscrit dans une temporalité manifeste et emprunte une multitude de visages. Dans la lignée d'autres pièces travaillant sur la forme et la couleur, la structure Lift (2006), élaborée à partir de la forme d'un plafond de cage d'escalier, présentée renversée à 90°, offre, selon l'angle de vue adopté, de nouvelles perspectives, donnant à voir distinctement son recto ou son verso, ou bien encore, les deux ensemble. Le travail de Clément Laigle perturbe et aiguise notre regard sur la matière, qu'elle soit plastique ou virtuelle. Les matériaux de construction à usage industriel constituent la matière première de l'artiste, utilisée de façon récurrente en association avec la lumière, artificielle et/ou naturelle, qui crée des formes nouvelles, des ouvertures, et recompose les volumes. Parfois confinée entre deux parois, la lumière artificielle dessine des puits de lumière inversés, des tranchées blanches, des géométries éclairées qui viennent fendre l'espace. Interrogeant le concept d'exposition, Clément Laigle opère un décloisonnement du statut de l'œuvre qui n'est pas seulement posée, montrée et livrée à la simple contemplation, formant autour d'elle, un périmètre de sécurité virtuel. Mais il crée une proximité inédite entre l'œuvre et le visiteur qui, parfois à son insu, passe sous, en elle. En la rendant pénétrable, l'artiste nous invite à repousser les limites de l'œuvre et avec elles, celles du regard sur l'œuvre… Ann-lou Vicente
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Installation dans le parc du Château de Flers
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Installation dans le parc du Château de Flers |
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Installation dans la galerie 2angles
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Installation dans la galerie 2angles |