Paysage hybride

Thomas Klimowski

www.thomasklimowski.com

 

Ma pratique artistique est essentiellement sculpturale et vidéo et se présente souvent en tant qu'installations. Ces installations sont des " espèces d'espace " tentant d'interroger le concept de territoire, de frontière, d'identité. Ces interrogations sur le concept de territoire se veulent autant sur l'idée d'un territoire physique que mental (L'un interagissant automatiquement avec l'autre) et sur l'idée d'un territoire toujours mouvant, indéfini, transitoire, évolutif voire hybride. La réalisation de ces territoires se construit toujours à partir de l'étude préalable de lieux préexistants.

Cette recherche trouve ses fondements dans le questionnement et dans la réappropriation de codes de différentes cultures populaires ainsi que dans l'analyse de la théorie du paysage. Ma position de sculpteur s'est toujours associée à une posture de regardeur et de voyageur contemplatif. Bien que mes travaux engagés soient des pièces physiques ma pratique relève d'abord d'une accumulation d'expériences liées à mes différents voyages.

Cette problématique est associée à différents modes de représentation reprenant les codes de l'errance, du déplacement et du cinéma. Par exemple les panneaux publicitaires du bord de routes, les cartes routières, les palissades ...

La plupart de ces pièces se présentent avec une certaine frontalité, frontalité fonctionnant comme une image-scuplture, un décor faussement trompeur fait de strates où sont visibles les effets de construction comme une mise à plat des modes opératoires, " l'envers du décor ". Des constructions sous forme d'un assemblage simple. Des espaces volontairement pauvres (low-Tech) et génériques aux couleurs vieillies par le fait de l'utilisation de différentes essences de bois ou de couleurs en camaïeu. Volontairement, car je suis daltonien. Je navigue donc " à vue " à cause d'une vision ternie. De plus dans mes travaux, je tente de jouer d'une logique de transition. Cette logique transitoire va de paire avec une volonté d'inventorier, d'archiver. Une pratique d'exploration, de captation en somme…

En conclusion, les images que j'imagine de mes expériences et des lieux représentés sont moins des lieux physiques que leur transposition en territoires mentaux. Faussement vidé de toute substance narrative se voulant souvent symbolique et transcendantale. Sans trame narrative, je laisse le spectateur potentiel devant un espace en dérive, contemplatif ; paradoxe puisque entre la dérive et la conquête (2 éléments majeurs du concept de territoire) on parle d'un espace où l'on sait où l'on va et l'autre où l'on erre. C'est le mystère permettant l'intérêt de la libre interprétation du spectateur.