Isabelle LE MINH

Parures

 

Tirages couleurs chromogènes, 80 x100 cm, montage sous diasec

 

 

Tirages couleurs chromogènes, 80 x100 cm, montage sous diasec

 

 

Tirage noir et blanc au chlorobrome d'argent, 80 x 100 cm, montage sous diasec

 

 

Tirages couleurs chromogènes, 80 x 100 cm, montage sous diasec

 

 

Parures

Dans la série Parures, les photographies en couleur ont été réalisées aux abords d'une décharges. Elles montrent des paysages envahis par des sacs plastiques que distribuent les grandes suraces et qui servent de contenant aux ordures (leur présence est dûe à la force du mistral qui souffle sur cette région). Les photographies en noir et blanc ont été réalisées dans une friche industrielle avant qu'elle ne soit rasée en vue de la constructon d'un centre commercial. Il existe donc un lien sémantique entre les deux séries, bien que le spectateur ne le sache pas. Toutes deux fonctionnent visuelllement ensemble grâce à des liens formels: espace bouché et vacuité des intérieurs de l'usine auxquels répondent l'espace illimité et la saturation du paysage. De plus, chaque image adopte une composition identique et un point de vue unique - frontal et relativement éloigné. Cependant, les impressions d'artificialité et d'intemporalité qui en émanent sont très vite contredites par la certitude d'un désastre: les paysages des environs de la décharge apparaissent alors comme l'envers d'un décor où les sacs plastiques feraient signe vers les débordements d'une société consumériste, tandis que les stalles vides et empoussiérées de l'usine renverraient à une forme de production industrielle et de réalité économique en passe d'être révolues dans les pays du monde occidental. En confrontant des images de natures différentes c'est donc une sorte d'espace mental que j'ai tenté d'élaborer: ainsi, une fois évacuée la question de la nature de la représentation (réalité ou mise en scène), liberté est donnée au spectateur de répondre à une interrogation: comment en effet combler l'écart entre les deux séries si ce n'est en réinventant l'histoire qui les lie l'une à l'autre?

Isabelle Le Minh