Armelle MAUGIN
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Jaunes étincelants, éblouissants, blancs irradiants, aveuglants, faisceaux lumineux qui mangent les corps, éclaboussent les formes, dévorent le paysage, à la fois métamorphosé et dissolu. Saturation des couleurs jusqu'à ne plus reconnaître ce qui s'y passe, jusqu'à ne plus voir. En choisissant de photographier les images vidéo de surveillance plutôt que les lieux réels, Armelle Maugin donne corps à une image qui n'existe que dans le temps de son défilement et qui n'est perçue que dans l'immédiateté de sa transmission. Arrêter par la photographie un instant de vidéo surveillance, c'est l'arracher de son impalpabilité. Par nature évanescente, l'image vidéo figée se transforme en image-souvenir, sorte d'ex-voto du monde contemporain. Souvent implantées en milieu urbain, les caméras de surveillance sont devenues des dispositifs ordinaires et transforment le paysage en immense panoptique où l'homme est inexorablement surveillé. Elles sont disséminées dans la ville afin de débusquer ou prévoir une menace, un désordre. … Il s'agit ici d'arrêter des moments, choisis en fonction d'un inconscient collectif, et de rappeler à la mémoire des souvenirs enfouis. Mais on a beau regarder, ouvrir grand les yeux, essayer de reconnaître, il n'y a rien à voir, ou presque ; sinon des formes d'où émane une lumière qui, tout en révélant, brûle l'image et menace de faire disparaître le sujet. Dés lors, le monde matériel s'éloigne, la réalité des choses, des événements s'estompe. Les hommes ne sont plus que des silhouettes anonymes, aperçues, des formes floues transmises sur un écran. L'image perd peu à peu son référent et nous plonge dans une sorte de vertige, aussi effrayant que fascinant, où le monde n'est qu'image et relation d'images… France HEYDACKER
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