Elisabeth LEVERRIER
L'antichambre
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Un univers qui se constitue d'un autre univers, un corps à l'écoute d'une énergie, d'une histoire, d'une anecdote, de vies et de souvenirs. Elisabeth Leverrier épie, souscrit, renie ou ignore ce qui s'est passé…, prend possession d'un lieu et de sa mémoire…, l'envahit et parle. Rejoindre ce qui a été pour dire ce qui est ou ce qui sera, le geste d'Elisabeth est le vecteur d'une disparition et d'une naissance. Le choix de l'éphémère (elle travaille avec du bois brûlé sur des supports temporaires) est l'aveu d'un aléatoire qui se trouve maîtrisé, affronté et vécu. Le temps de… - ressentir, comprendre et assimiler ce qui n'est pas sien, - concentrer les élans vitaux et l'énergie de leur réciprocité, - jeter le geste et tracer les marques d'une parole. La rencontre du passé provoque un jeu de forces qui s'affrontent, se repoussent et s'attirent. De ce combat, sans vainqueur ni vaincu, naît un trait-limite d'un espace propre à la personnalité de son auteur enrichi par le défi. Au terme de ses déambulations qui sont autant d'avancées sur le doute, les traces qui s'imposent et se posent dégagent une paix profonde. La ténuité et la pureté des gestes inscrits transmettent pour un instant, la sérénité de la certitude, comme l'accalmie qui succède à la tempête. Même éphémère, le résultat de cette errance a la douceur du repos - l'arrêt dans un espace temps où se déroule l'écriture d'une histoire nouvelle. Emmanuelle Dormoy
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