''L'éternité ne dure pas trop'' in Eppreuve n°1
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JANLADROU à l'orijaune ''l'éternité ne dure pas trop '' in Epreuve n°1 L'œuvre de Janladrou existe ainsi qu'un organisme vivant à travers les mues, les vues diverses qui ne font que la révéler à elle-même, à sa nécessaire liberté. Ici c'est le ''faire'' qui est premier. Janladrou est un faiseur dans le sens noble du terme, autant dire un poète si l'on reprend l'origine de ce dernier mot : le peintre travaille sa composition comme le poète l'agencement de ses mots. Dernier avatar, dernière mue-vue en date de cette œuvre polymorphe : depuis quelques mois, Janladrou campe sur le ''a'' jaune. ''a'' jaune on ne peut aller plus loin dans le dénuement. Après tout, le jaune connote le désert lui-même. Aller à l'origine ou à l'''orijaune'', découvrir le ''a'' et les mille nuances du jaune et les milles formes de cette lettre, qui alors est tout simplement déclinée. L'œuvre se love dans cette origine, dans la lumière originelle. Le jaune , c'est aussi incontestablement la lumière portée à son paroxysme, celle qui transmute le plomb du soleil en or de la récolte. Celle que rencontra un jour, et ce jusqu'à son terme, Van Gogh. Jaune jubilatoire, euphorique, du soleil et des champs de blé, mais jaune terriblement aride aussi. Avec cette unique couleur (mais est-ce bien encore une couleur ?), la surface se dénude et se dérobe : nous sommes pris dans les mailles serrées et profondes d'un chant grégorien. Nous rêvons alors d(un alphabet qui ne serait plus composé que de cette lettre ''a'' dans ses infinies variations, de cette lettre ''a'' transgressée et portée à incandescence dans ce qui serait le premier jour du monde, dans ce big bang avant le ''b'', quand le verbe sacré accouche de la lumière. Guy ALLIX
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